Institut Français de Brême, Allemagne, 01.2020




































































Crédits photos : Jean-Louis Bonne et Damien Ringeisen
De la question de l’héritage, j’en suis venue à interroger la mémoire de manière plus générale, et ses diverses expressions (souvenirs individuels, éléments mythologisés et fictionnalisés, transformation de la mémoire, pertes de mémoire, mémoire partagée et mémoire individuelle, mémoire transgénérationnelle, mémoire traumatique, rencontre entre « grande » Histoire et histoires intimes, etc…). L’une des étapes de ce processus d’interrogation de la mémoire s’est soldée par l’exposition Mémoire(s), s’intégrant dans un cycle culturel global d’une durée d’un mois et demi portant le même nom.
Accompagnée par la Directrice de l’Institut Phanie Bluteau, j’ai basé mon travail sur ma propre mémoire, individuelle et aussi transgénérationnelle, relative aux personnes et lieux disparus, cultivant les échos entre les deux maisons de famille de mes grands-parents, aujourd’hui vendues, avec l’ancienne maison de famille qu’est l’Institut Français. Cette collaboration avec les personnes qui travaillent dans la structure et qui la connaissent était nécessaire afin de mener à bien un projet cohérent, en connexion avec le lieu – tant le passé du lieu que la vie qui l’anime dans le présent -. L’exposition prenait donc la forme d’une installation in situ, au sein de laquelle les éléments se répondaient et se liaient les uns aux autres. Je souhaitais partager avec les personnes un espace intime, au sein duquel chacun.e pourrait trouver des échos à sa propre mémoire en mobilisant des images, des mots, des atmosphères, le tout incarné dans un lieu. J’ai utilisé pour cela plusieurs médiums comme la vidéo (dont les films de famille), le dessin, la peinture, le modelage et l’écriture.
Lors du vernissage, un atelier proposait aux personnes de goûter ou sentir des produits (café, fromage, confiture, bonbons, …) et de noter sur des papiers de format photographie de famille, ce qu’ils leur inspiraient de souvenirs. Tous ces dessins/textes courts ont pris place dans un album photo collectif, témoin d’un moment de partage de mémoires et lui-même mémorialisé.